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Les noms dans le Cahier des bébés 2012 de La Presse. janvier 2013
Megan, un des anachronismes dans la série télévisée Mad Men. avril 2012
Marie est-il un prénom «casher» pour une juive? février 2012
Les enfants portant des noms de famille composés et le nom des femmes mariées aux États-Unis. novembre 2011
Googler pour aider à choisir un prénom! novembre 2011
Sociologie des prénoms de Baptiste Coulmont. juillet 2011
Après le pape qui veut des prénoms chrétiens, voici Marine Le Pen qui veut des prénoms français. juillet 2011
Des prénoms bizarres pour les bébés des stars. mai 2011
La curieuse histoire de Mégane, le prénom des années 2000. mai 2011
Le prince William est-il à l'origine de la mode des William au Québec? avril 2011
La famille royale danoise s'agrandit avec les jumeaux Vincent et Joséphine. avril 2011
Dictonnaire des noms de famille du Canada français, anthroponymie et généalogie. mars 2011
Les Gélinas et les Côté bons premiers en Mauricie. mars 2011
Names we love in Quebec. fév. 2011
Certains Suédois abandonnent les noms traditionnels en «son», mais certains immigrants choisissent de s'appeler Mohammedsson! fév. 2011
Le pape veut des prénoms de martyrs chrétiens. 15 janv. 2011.
Palmarès des prénoms étranges à la télé en 2010. janv. 2011
Mohamed est le prénom le plus populaire en Angleterre chez les garçons. Calculs pour le Québec. déc. 2010
Un célèbre Monsieur Nobody à Toronto. déc 2010
Caricature des prénoms des élèves d'une classe
Vos commentaires et vos suggestions sont les bienvenus.
Mon adresse est: loduches@videotron.ca
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| Choix | n | % |
| Nom du père | 215 | 88,8 |
| Nom de la mère | 3 | 1,2 |
| Père-mère1 | 8 | 3,3 |
| Mère-père2 | 12 | 5,0 |
| Noms identiques3 | 4 | 1,7 |
| Total | 242 | 100,0 |
Dans la presse québécoise, c'est plutôt le «câlisse» qui a fait sursauter. Patrick Lagacé dans une chronique, L'homo tabarnacus, se demande si ce sacre était dans le répertoire d'une Québécoise des années 60. Il cite le directeur du Musée des religions du monde de Nicolet, M. Jean-François Royal qui émet des doutes et mentionne que les jurons féminins de l'époque étaient plutôt du type «Bonne Sainte-Anne» et «Doux Jésus». Câlisse était davantage un juron d'homme.
Une correspondante du blogue cité plus haut, Julie, mentionne quelques exemples de ruptures avec les conventions sociales de l'époque. Par exemple, il n'y avait pas d'embrassade entre les hommes et on n'embrassait pas les femmes sur les joues. Elle conclut que les décors et les vêtements sont bien des années 1960, mais que les normes culturelles sont de 2012.
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Le site anglais ynetnews.com du journal israélien Yedioth Ahronoth raconte son histoire
dans cet article du 31 janvier dernier.
Ce qui est curieux, c’est que parmi les commentaires, plusieurs
portent sur la question d’un des premiers correspondants qui
écrit: «Can an observant Jewish family name a baby girl Maria?»
Dans une des réponses, on lit : «As such, it's a perfectly legitimate name for any
female Jewish baby. Just because gentiles stole the name and changed the sound
doesn't make its origins any less Hebraic.»
Il y a évidemment souvent un lien entre le prénom d’une personne et le groupe ethnique ou la religion des parents. Un
Mohamed n’a très probablement pas des parents chrétiens ou bouddhistes. Aux
États-Unis, un Patrick a probablement des parents catholiques et même d'origine irlandaise.
Au Canada, un des arguments pour supposer que Samuel de Champlain était protestant, c’est son prénom puisqu’à l’époque les prénoms
vétérotestamentaires étaient populaires chez les huguenots. Ce n’est plus le
cas aujourd’hui avec la popularité des Samuel, Sarah et Jacob.
Ce qui est particulier avec Marie, Miryam en hébreu, c’est que c’est un prénom très rare dans
l’Ancien Testament. Il n’y a que deux Miryam, l’enfant de Bitya, la fille d’un pharaon (1Ch 4,17)
et la sœur de Moïse (Ex 15,20). Le prénom vient
donc probablement de l’égyptien, comme celui de Moïse qui vient de l’égyptien
«mos» signifiant «fils de». Il y a six Marie juives dans le Nouveau Testament.
Rien n’empêche donc les juifs de rapatrier leur patrimoine onomastique «volé par les
gentils», même s’il s’agit peut-être d’un emprunt à l’égyptien.
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Il y a aux États-Unis une importante littérature sur le choix du nom des femmes mariées (googler Scheuble Johnson). Il y a cependant peu d'études représentatives de l'ensemble de la population, mais celle de Gooding et Kreider (2010) Women's Marital Naming Choices in a Nationally Representative Sample donne un résultat étonnant. En 2004, il n'y a que 6 pour cent des femmes mariées nées aux États-Unis qui portent un nom qualifié de non-conventionnel, soit leur nom de naissance ou un nom composé avec celui de l'époux, avec ou sans trait d'union. Il y a donc étonnamment peu de femmes qui ne prennent pas le nom du nouveau conjoint.
Rappelons qu'au Québec, on a obligé en 1981 les femmes à garder, voire à reprendre leur nom de naissance.
On a même changé certains noms de femmes du XVIIe siècle, par exemple Marie Guyard devenue Marie Martin à son mariage et Marie de l'Incarnation chez les Ursulines et dans l'histoire.
L'édifice du Ministère de l'Éducation s'appelle l'édifice Marie-Guyard, ce qui est tout à fait ridicule. Ce serait comme appeler la Place du Frère-André de Montréal la place Alfred Bessette.
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Un paragraphe présente un applet pour iPhone (@99¢) tout à fait ridicule. Avec Kick to Pick, on inscrit deux prénoms qui alternent
sur l'écran du téléphone posé sur le ventre de la mère et quand le foetus donne un coup de pied, c'est le prénom qu'il choisit!
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Baptiste Coulmont a publié Sociologie des prénoms en juin dernier dans la collection Repères des Éditions La Découverte (125 p.)
Les prénoms sont un objet d'étude beaucoup plus vaste que ce à quoi on s'attend à priori. Il y a, comme le mentionne l'auteur, la sociologie des prénoms
et les prénoms en sociologie. L'auteur nous présente un grand éventail de «regards» qui vont par exemple dans les premières pages
d'un rappel de la laïcisation en France de l'état civil en 1792 avec l'adoption du prénom -le praenomen latin- pour remplacer le nom de baptême (et le
surnom qui devient le nom), jusqu'aux dernières pages où l'on traite de l'utilisation des diminutifs
chez la moitié des gouverneurs étatsuniens, soit une fréquence
beaucoup plus grande que celle observée chez le personnel non élu, et encore une section sur les «prénoms» des animaux domestiques .
L'auteur commence par traiter des aspects historiques du rôle de l'État dans l'identification des individus en France. «Plus l'État se renforce, plus
l'identité des personnes est fixe et permanente». (p. 10) Il y avait aussi des restrictions dans le choix des prénoms.
Ces dernières décennies toutefois, les choix sont plus «libres» et les prénoms bretons par exemple ont
été autorisés. Depuis 1993, la libéralisation du choix du prénom est à peu près totale.
Il y a toujours eu un aspect mode dans le choix des prénoms, mais avec le retrait du rôle de l'État et l'abandon de la transmission familiale des prénoms,
le choix du prénom devient un objet d'étude intéressant puisqu'il s'agit d'une «consommation» obligatoire et gratuite.
C'est aussi un sujet très bien documenté et
les ordinateurs permettent d'utiliser d'énormes fichiers statistiques des prénoms couvrant plus d'un siècle.
Un des premiers buts de l'INSEE dans la construction des fichiers des prénoms était d'avoir
un outil pour estimer la classe d'âge à partir du prénom, soit le «scoring prénom»,
mais dès les premiers travaux de Guy Desplanques et ceux de Philippe Besnard, l'intérêt devient plus sociologique.
«Les prénoms, pris notamment par Besnard comme un objet
permettant d'objectiver la mode, peuvent illustrer les jeux de distinction culturelle entre milieux sociaux, comme inscription
synthétique des valeurs ou de la culture de ceux qui le choisissent.» (p.34)
La France a beau avoir tenté de se débarrasser de l'aristocratie pendant la révolution, elle est encore très préoccupée par l'esprit de classe.
Dans La cote des prénoms de Besnard et Desplanques, de loin le meilleur «guide» sur les prénoms, on qualifie toujours un prénom de chic, BCBG, populaire en milieu bourgeois, chez les cadres, dans
les professions intermédiaires, démocratisé même, etc. selon la diffusion du prénom.
En plus de la diffusion selon le jeu des classes, la géographie a aussi un rôle à jouer en France.
Si l'auteur avait consulté des données québécoises, il aurait
pu aussi parler du décalage «colonial». Les courbes des fréquences annuelles des prénoms au Québec ressemblent en effet beaucoup à celles de la
France avec souvent un décalage de quelques années. Ce n'est pas toujours le cas, et les Manon et les Céline québécoises sont plus vieilles que
leurs homonymes françaises.
Dans le chapitre sur les usages sociologiques, on présente des utilisations des prénoms comme indicateurs de phénomènes difficiles à observer directement,
par exemple, l'abandon des noms transmis ou choisis par les parrains comme indicateur des changements dans la parenté, les prénoms «allemands-sociologiques» comme
indicateurs de la popularité du national-socialisme, le choix des prénoms des enfants des immigrés comme indicateur de l'assimilation, certains prénoms comme
indicateurs de l'appartenance religieuse, etc. Quand même, on rappelle que la popularité récente des prénoms vétérotestamentaires aux États-Unis
n'a rien de religieux, comme c'est le cas aussi au Québec avec les Samuel et les Sarah.
Il y a encore plein d'objets d'étude sur les usages sociaux des prénoms qui ne traitent pas du choix du prénom. Par exemple, l'usage du prénom
dans certaines familles pour appeler le père et la mère au lieu de papa et maman est relativement récent est très contesté.
Dans les relations professionnelles, l'utilisation
du prénom et du tutoiement est liée de la structure hiérarchique.
Dans les librairies et sur internet, la très grande majorité des livres et des sites sur les prénoms sont malheureusement pollués
par des considérations ridicules sur la numérologie, l'astrologie, etc., et même par des associations de traits psychologiques aux prénoms, comme
si tous les Michel ou les Nathalie avaient des traits psychologiques communs.
Il est donc très réjouissant de trouver de temps en temps des livres sérieux accessibles quand même au grand public qui ne fouille pas
les revues souvent très spécialisées contenant les articles que l'auteur a épluchés.
***
Mentionnons pour terminer que Baptiste et Jean-Baptiste sont de grands prénoms des anciens Canadiens,
mais qu'aujourd'hui, on peut parier sa chemise qu'un Baptiste est un Français, ce qui est déjà une observation digne d'explications sociologiques.
L'auteur a un site web fort intéressant. On apprend qu'il a écrit un livre sur les sex-shops en France.
On peut l'entendre dans certaines interviews dont une à la radio de
Radio-Canada.
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«Le fait de donner un prénom français à ses enfants quand on a obtenu la nationalité française ou quand on est d'origine
étrangère a été un des éléments qui a extrêmement bien fonctionné dans l'histoire de France pour que l'assimilation se fasse
très rapidement, cela a été le cas pour les Italiens, les Portugais, les Espagnols, les Polonais...»
«C'est un moyen d'assimilation très très efficace, très très performant. Ce n'est plus le cas aujourd'hui sous prétexte de conserver
ou de montrer le lien avec la nationalité d'origine ou la culture d'origine, on donne aux enfants français des noms à consonance étrangère,
je pense que ça leur rend la vie probablement plus compliquée, cela freine l'assimilation nécessaire, ça la retarde.»
***
D'abord, rigolons un peu en rappelant qu'un de ses bras droits, le secrétaire général de son parti
s'appelle Steeve Briois,
donc porte un prénom pas très français.
Une autre curiosité: cet individu est né en 1972, alors que ce prénom est à peine visible en France et très rare aux USA,
mais Steve est à son sommet au Québec où il prénomme un garçon sur trente.
***
On associe souvent le FN à une certaine xénophobie, mais ici, l'intention semble généreuse à priori. Rappelons quand même que les groupes cités n'avaient pas le choix
de donner des prénoms français puisque ce n'est qu'en 1966 que les prénoms «étrangers» furent acceptés. Les prénoms bretons et basques étaient même refusés (Coulmont,2011, p.31).
Il y a beaucoup d'études sur le choix des prénoms des descendants d'immigrés qui choisissent de plus en plus les prénoms des pays d'accueil au fil des générations.
Dans le livre de Coulmont (p.27-28) du billet suivant, on cite
le commentaire du quotidien Le Figaro du 24 juin 1927 à propos d'un projet de loi visant à permettre la francisation des noms des naturalisés qui est une question connexe.
Le journal parle de «déguisement des envahisseurs».
«Un nombre infini de métèques, surtout dans le monde parisien, se cachent sous des noms français. /.../ Sous prétexte de sauvegarder
la musicalité de notre langue, en réalité pour
endormir notre méfiance, le naturalisé pourra «franciser» ses noms et prénoms.» On passe donc d'une suggestion de refuser la
francisation des noms des immigrés à une obligation de choisir des prénoms français pour les descendants des immigrés!
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Le prénom Megan (y compris les variantes) est d'abord apparu aux États-Unis dans la décennie 1960
et il est donné à une fille sur 90 dans les années 1980 et 1990, puis il décline.
En France, Mégane connaît un début très prometteur au début des années 1990, mais suite au lancement de la voiture Renault Mégane,
le prénom chute très rapidement.
Au Québec, Mégane arrive avec un léger décalage avec la France, mais comme il n'y a pas ici de voiture Renault Mégane,
le prénom poursuit son essor spectaculaire et atteint le premier rang des prénoms en 2000 et près de 3% en 2001.
Il diminue depuis, mais reste encore au premier rang la plupart des années de la décennie. Même s'il ne prénomme que 1,2% des petites filles
en 2010, il est encore au premier rang qu'il partage avec Maëlis. On constate que ces dernières années, les premiers prénoms ont une
fréquence beaucoup plus faible qu'il y a quelques lustres et que la concentration des prénoms est donc plus faible.
Ce qu'il y a de plus intéressant dans l'histoire de Mégane, c'est la chute énorme de sa popularité en France suite à la
commercialisation de la Renault Mégane en 1995 qui a non seulement brisé l'élan du prénom, mais l'a précipité vers l'oubli très rapidement. C'est
un cas très rare où l'on peut identifier un facteur précis pour expliquer l'évolution d'un prénom.

Le site web danois cité dans le billet suivant, qui commente les prénoms des deux nouveaux membres de la famille royale danoise,
mentionne que le choix devrait démarrer une nouvelle tendance chez les bébés danois. C'est une idée reçue, ce qui ne la rend pas vraie pour autant.
J'ai toujours eu un soupçon que la mode des William a débuté au Québec avec la naissance du prince William en juin 1982.
Comme on le voit sur le graphique, William a été présent à la fin du 19e siècle, puis
rare et presque oublié à partir des années 1950. Il «renaît» au début des
années 1980 avec le sommet de Guillaume, l'équivalent français de William, en 1984. En 1983, il est donné à un
garçon pour 1000, en 1984 à 2 pour 1000 et en 1985 à 3 pour 1000. En 1990 il est à 1 pour 100 et il atteint
4 pour 100 en 1999 et reste autour de ce niveau jusqu'en 2003 et diminue
depuis. Il occupe le premier rang en 2000 avec Samuel et conserve ce rang jusqu'en 2010 sauf en 2001, 2004 et 2008.
Cependant, les prénoms Diana et Harry n'ont eu
aucune répercussion dans le choix des prénoms. Alors, pourquoi William?
William n'a jamais été très populaire en France,
et, aux USA, il est en pente descendante depuis les années 1930, même s'il reste un des premiers prénoms.
Ce n'est donc pas une influence de nos
voisins ou de la France. On voit sur le graphique que Guillaume a la même courbe en France et au Québec, avec un léger décalage.
La mode a pris quelques années à traverser l'Atlantique.
Donc, Guillaume étant très populaire au début des années 1980,
le prénom William a pu être plus facilement dans «l'air du temps» avec la naissance du prince et
finalement William a pris le relais de Guillaume.
Il y a donc deux éléments à la théorie, le relais de Guillaume et la naissance du prince,
mais ce sont plutôt des spéculations ou même un soupçon comme je le mentionne plus haut.
L'explication des modes n'est jamais facile, même a posteriori.
*****
Guillaume et William sont des prénoms anciens très importants. Montaigne raconte dans ses Essais (I, XLVI) que «c'est une chose légère,
mais toutefois digne de mémoire pour son étrangeté et écrite par témoin oculaire, que
Henri, duc de Normandie, fils de Henri second, roi d'Angleterre (et d'Aliénor d'Aquitaine), faisant un festin en France, l'assemblée de la noblesse
y fut si grande que, pour passe-temps, s'étant divisée en bandes par la ressemblance des noms, en la
première troupe, qui fut des Guillaume, il se trouve cent dix chevaliers assis à la table portant ce nom, sans mettre en compte
les simples gentilhommes et serviteurs». Notons, en passant,
que ce n'est pas d'aujourd'hui que le passe-temps des statistiques des noms existe.
C'est grâce à Guillaume de Normandie, aussi dit le Bâtard et le Conquérant, que la diffusion de ce nom fut si importante dans le
monde anglais.
Dans le Oxford Dictionnary of First Names, on lit: «The most
successful of all the Germanic names introduced to England by the Normans. ... The fact that it was borne by the Conqueror himself
does not seem to have inhibited its favour with the "conquered" population: in the first century after the Conquest it was the commonest
male name of all, not only among Normans.».
On ne sait pas vraiment comment il prononçait son nom. Sur la Tapisserie de Bayeux qui raconte en latin la conquête de l'Angleterre,
on lit Willelm dux. Quant à Shakespeare, le William
anglais le plus célèbre, on lit dans le document en latin de son baptême Gulielmus filius Johannes Shakspere. En passant, certains suggèrent que le nom Shakespeare
vient du patronyme français Sacquespée.

Un article sympathique dans lequel, par exemple, une brigadière scolaire future grand-mère parle des prénoms de sa famille et des écoliers qu'elle voit tous les jours.
On mentionne aussi que les statistiques des prénoms de la Régie des rentes ne sont pas disponibles par langue.
Il y a un rappel de certains prénoms trouvés dans le cahier des bébés de l'année 2010 du journal:
«Maybe you saw The Gazette's 2010 Babies of the Year advertising section. All
those little faces, all those lovely fresh names: Nikki, Mabel, Carter, Maxim,
Brady, Elijah, Mia, Sabrina, Summer, Francesca, Nico, Ryan, Massimo, Madison,
Tanner, Sadiqqa, Ainsleigh, Ilya, Violet, Henry.»
Je serais curieux de connaître les prénoms de ces baptisés. Les catholiques les plus dévots ont quand même l'embarras du choix puisque le Martyrologe romain comprend 7000 saints et bienheureux. Rappelons que malgré le nom de ce livre, il ne s'agit pas seulement d'une liste de martyrs. À la présentation de la dernière édition du Martyrologe en 2004, on souligne que l'on a ajouté plus d'une centaine de saints et bienheureux, mais on ne mentionne pas s'il y a eu des saints éliminés de la liste comme il est arrivé à Christophe et à Philomène dans les années 1960.
Il y a déjà eu en Nouvelle France une liste de prénoms à
donner aux enfants. Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, a fait publier
en 1703 un Rituel du diocèse de Québec
qui reprend les règles du concile de Trente. On y trouve une Table alphabétique des noms de saints et de
saintes que l'on peut donner aux enfants, au baptême et à la confirmation.
Cette liste comprend 1624 prénoms, soit 1251 prénoms masculins et
373 prénoms féminins. Même si l'influence religieuse est évidente dans la
prénomination des premiers Canadiens, les parents n'ont pas respecté les
prescriptions de l'Église pour une fille sur cinq. Le Rituel n'était donc pas très contraignant.
Merci à Léo La Brie pour le tuyau papal.
Je suis pourtant un fidèle de Marc Labrèche, mais j'ai raté ce sketch. Il est en partie sur Youtube, mais les prénoms sont difficiles à saisir:
On pense souvent
que les prénoms des vedettes jouent un rôle important, mais ce n'est pas toujours
le cas. René-Charles n'a pas eu d'impact et Céline n'a pas ranimé son prénom.
Je doute fort qu'il y ait une vague de Nelson et de Eddy.
J'ai vérifié combien de garçons reçoivent ce prénom ici en faisant une standardisation réunissant les Mohammed majoritaires et les Muhammad et autres que j'avais supposés se prononcer de façon différente. On compte donc 0,6% des garçons qui reçoivent ce prénom en 2009, ce qui le ferait grimper au 37e rang, derrière Étienne. J'ai cependant compris ici les composés débutant par Mohammed.
Pour mémoire, mentionnons que le nom du prophète est Muhammad Ahmad ibn Abd Allah. On rencontre aussi chez les bébés quelques Ahmad, Ahmed, Abdallah, Abdhullah et d'autres variantes.
Une des personnes arrêtées au sommet du G20 à Toronto en juin 2010 s'appelait Adam Nobody. La police ne l'a pas trouvé drôle.
Il faut souligner qu'il est très facile de changer de nom et de prénom dans les sociétés de «common law».
Le célèbre Ulysse a eu plus de veine avec son cyclope: Les Grecs ne pouvaient s'échapper parce que seul le Cyclope était de force à déplacer le rocher. Mais Ulysse conçut un plan : il fit boire le Cyclope jusqu'à l'ivresse et quand celui-ci lui demanda son nom, il répondit «Personne». Alors que le Cyclope cuvait son vin, Ulysse l'aveugla en lui plantant dans l'oeil un épieu. Il appela à l'aide. D'autres Cyclopes accoururent et lui demandèrent qui l'avait agressé. Sa réponse ayant été Personne, ils repartirent. Ulysse attacha alors chacun de ses hommes sous un mouton et se cramponna lui-même au ventre d'un bélier. Quand, au matin, le Cyclope aveugle laissa sortir son troupeau, les Grecs purent ainsi s'enfuir.
Le nom Personne est un nom de famille en France. Il y a une entrevue avec le comédien Fred Personne dans un numéro de la revue Autrement de septembre 1994 qui porte sur les noms et prénoms. Il rappelle qu'en latin «persona» a signifié le masque de l'acteur, puis le personnage. Il porte donc un extraordinaire aptonyme. On peut voir les films dans lesquels il a joué sur ce site.
On se souvient aussi du western spaghetti de Sergio Leone Mon nom est Personne (Il mio nome è Nessuno), sorti à l'écran en 1973.
