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Gérard émerge quelques années avant notre siècle et son essor est très rapide puisqu'il atteint son apogée dès 1914 en prénommant près d'un garçon sur 23. Il décline lentement et ce n'est qu'après la deuxième guerre qu'il passera sous le niveau de 1 %, niveau qu'il aura gardé pendant 40 ans. Les derniers Gérard naissent dans les années 60. Gérard déloge Joseph du premier rang des prénoms masculins en 1910 et occupe la première place pendant 11 ans. Les générations du début du 20e siècle sont décimées, mais Gérard fait encore partie des 60 prénoms les plus portés.

On observe donc, dès le début du 20e siècle, un engouement spectaculaire pour un prénom tout nouveau. Gérard est un prénom du Moyen-Âge qui avait été oublié depuis longtemps. En France, il a été populaire dans les années 40, et aux États-Unis, il n'a jamais figuré parmi les premiers. C'est fort probablement la béatification en 1893, puis la canonisation en 1904 d'un Italien mort en 1755, Gérard Majella, qui a déclenché le renouveau du prénom. On ne trouve pas de Gérard avant 1893 et on voit bien que sa fréquence s'accélère après 1904. C'est assez inusité de pouvoir déceler l'origine d'une mode, mais cela n'explique pas cependant pourquoi Gérard est devenu un prénom si populaire et si vite. Il n'y a pas eu, à ce que je sache, de dévotion particulière à Saint Gérard.

Source: Louis Duchesne, Les prénoms, des plus rares aux plus courants au Québec, p. 97.