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Il vaut la peine de citer Marguerite Yourcenar, qui parle de son prénom dans Les yeux ouverts, puisqu'il est rare d'entendre de grands écrivains commenter leur prénom: « Marguerite me plaisait assez; c'est un nom de fleur (...), un prénom mystique (...). C'est un nom qui me plaît, parce qu'il n'est d'aucune époque et d'aucune classe. C'était un nom de reine, c'est aussi un nom de paysanne. » Elle se trompait évidemment puisqu'il n'y a pas vraiment de prénoms d'aucune époque et qu'au moment où elle disait cela, vers 1980, il n'y avait plus de bébés recevant ce prénom depuis des lustres, ni en France, ni au Québec.
Dans la dernière décennie du 19e siècle, Marguerite est déjà en plein essor, lequel se poursuit jusqu'à son sommet en 1915, alors que 1 fille sur 32 reçoit ce prénom. Marguerite diminue ensuite lentement jusqu'à disparaître à la fin des années 50. Même si la cime n'est pas très haute, la base est très large et Marguerite a prénommé au moins 1 % des filles pendant 41 ans, ce qui est une des durées les plus longues.
Des débuts du Canada jusqu'en 1680, Marguerite est le deuxième prénom après Marie, et une fille sur 12 le reçoit.
Source: Louis Duchesne, Les prénoms, des plus rares aux plus courants au Québec, p. 231.
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