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À peu près toutes les filles ont Marie parmi leurs prénoms, mais pour certaines, il s'agit du prénom usuel. Elles sont encore plus nombreuses à s'appeler Marie-quelque-chose, car Marie est le principal pivot des prénoms composés chez les filles, comme Jean chez les garçons.
Vers 1890, plus de 1 fille sur 25 s'appelle Marie, mais au tournant du 20e siècle, la fréquence est déjà descendue à 1 sur 50. De 1910 au début des années 60, Marie oscille autour de 1 sur 150. En 1954, on voit l'impact de l'année mariale, qui est quand même modéré: Marie passe de 1 % à 1,7 %. Après avoir tenu le même niveau si longtemps, Marie tout court faiblit dans les années 60 et reste discret depuis les années 70, ce qui n'empêche pas l'éclosion de quelques Marie-quelque-chose.
Il faut mentionner que Marie est un des prénoms les plus difficiles à mesurer: les prénoms composés ne sont pas toujours écrits avec un trait d'union et ce problème se pose surtout dans le fichier des naissances utilisé depuis 1975.
Au début de la colonie, Marie est le prénom le plus fréquent et 1 fille sur 8 est baptisée de ce nom. Pendant la première moitié du 18e siècle, Marie-Josèphe domine aisément la liste des prénoms avec 1 fille sur 10. Il est intéressant de noter que Marie-Josèphe est un prénom beaucoup plus rare en France et qu'il contrevenait aux « règles » religieuses qui ne permettaient pas d'attribuer un prénom d'un saint du sexe opposé (Ribordy 1995, p.64). Avec Jean-Baptiste, aussi très rare en France et premier ici, on peut constater que les divergences avec la France sont apparues très tôt. Au début du 20e siècle, Marie prénomme en France 1 fille sur 10, ce qui est 5 fois plus fréquent qu'ici.
Il y a une vingtaine de prénoms composés débutant par Marie qui ont eu une certaine importance, et deux hypocoristiques, Marielle et Mariette. Le plus souvent Marie-quelque-chose accompagne la vie du quelque chose, mais ce n'est pas toujours le cas: Marie-Anne, par exemple, n'est pas populaire pendant les mêmes années qu'Anne.
Source: Louis Duchesne, Les prénoms, des plus rares aux plus courants au Québec, p. 231.
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