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Assez curieusement, si l'on veut regrouper les prénoms, ce sont les terminaisons qui forment les ensembles les plus évidents.

Les terminaisons des prénoms féminins se divisent en deux très grandes familles, celle se terminant en i (y compris ie et y) et celle en a ; une troisième famille et importante, celle des prénoms en ette.
En 1976, quatre filles sur dix ont un prénom se terminant par le son i. Il est vrai qu'à elles seules Mélanie, Julie, Annie et Nathalie prénomment presque une fille sur quatre. Il y a cent ans, Marie fournissait la moitié des 10 % des prénoms en i dont la popularité était en baisse. Dans les années vingt et trente, à peine une ou deux filles sur 100 portent un prénom de cette famille. Lucie est la pionnière à la fin des années quarante, puis se succèdent plusieurs des grands prénoms de la deuxième moitié du siècle, Sylvie, Nathalie, Mélanie, Julie et Stéphanie. On pourrait rajouter Annie, Valérie, Sophie et Émilie.
À la fin du siècle dernier, plus du tiers des filles recevaient un prénom se terminant par le son a, par exemple, Éva, Anna, Maria, et Laura. La vogue diminue rapidement, et dans les années quarante, on ne trouve presque plus de ces prénoms. Avec Linda qui fait un tabac à la fin des années cinquante, ils redémarrent et deviennent de plus en plus populaires dans les années quatre-vingt, si bien que, ces dernières années, plus d'une fille sur cinq reçoit un prénom en a, par exemple, Jessica, Vanessa, Mélissa et Sarah. Les prénoms en a ont tous un petit air exotique, italien le plus souvent, parfois même latin, mais aussi espagnol avec Linda, grec avec Vanessa et Mélissa, hébreu avec Anna et Sarah.
Les prénoms en ette retiennent l'attention pendant la première moitié du siècle. On trouve les pionnières à la fin du siècle dernier avec Antoinette, Bernadette et Juliette. Yvette atteindra le premier rang des prénoms à la fin des années dix. Au milieu des années trente, près d'une fille sur six recevra un prénom se terminant par ette, principalement Huguette, Pierrette et Claudette. Ginette ferme la marche dans les années cinquante et ces prénoms sont totalement oubliés pour les petites filles nées depuis la fin des années soixante. Toutefois, depuis quelques années, Juliette semble vouloir revenir.
Ces commentaires sont tirés de mon livre Les prénoms, des plus rares aux plus courants au Québec, p. 31-34. On y trouve aussi des figures et des analyses des terminaisons moins fréquentes, en elle, anne et ine chez les filles et en an, el et in chez les garçons.
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